Super 8

Super 8
Le pire c'est de l'entendre rire avec une autre. De sentir son corps sur le corps de l'autre.
Et de réaliser que la seule issue est alors l'oubli. Vivre sans.
Car les hommes ne sont pas importants. Les chats ne sont pas importants. Ni plus, ni moins.
Non, ils ne sont pas importants. Ce qui prime, c'est moi. Même une chose abjecte comme moi c'est important.
Alors je sors dans la rue livide, me confonds dans la société en baignant dans mon jus d'autosuffisance, en équilibre douteux sur mes deux jambes. Perche de bipèdes disgracieux.
D'ailleurs, l'humain est une espèce plutôt ingrate physionomiquement. Alors moi c'est peu dire. Il suffit que je me mire 5 secondes par inadvertance dans une vitrine et ma journée est foutue.
J'aime quand il pleut, on ne regarde pas les vitrines.
Parmi les gouttes d'eau, on ne distingue plus mes larmes.
Souvent, il m'arrive de me poser sur le coussin difforme qui me sert de cul et de faire des exercices d'introspection. Chez moi ça fonctionne assez bien vu que j'ai une facile propension à la rumination. Là du haut de mon séant je considère le monde (mon nombril, et le monde)
Ce qui me manque : la rigueur.
Le manque de rigueur fait la différence entre mon état habituel et mon état idéal.
Financièrement, mon compte est sinistré depuis que je l'ai ouvert par pression éducative capitalistique. Moi j'aurais préféré être adepte du tout sous l'oreiller. Enfin, façon de parler.
Ma grand-mère, sorcière de Basse-Bretagne jouissant d'une honnête réputation de mère jeteuse de sorts, gérait son capital sous le matelas, tel quel. A l'époque dont nous parlons, le capital ne se comptait pas en actions ou en intérêts, mais en têtes. Dix têtes de vaches, trente têtes de brebis, un coq, trente-cinq poules, 250 lapins, etc. Cette femme tuait les lapins, son capital, en leur balançant la tête contre un mur, et elle leur enlevait la peau, comme j'enlève mon pyjama. Il reste en moi comme un souvenir douloureux chaque fois que j'enlève mes collants.
Soit dit en passant, l'homme devrait porter la jupe. Sainte horreur les jupes, qui nous raccourcissent les jambes, rapetissent la femme, pour la rapprocher du sol, nous voilà, raze-bitume et courts boudins. La femelle saine porte la jupe, la voilà féminine, sexuellement enviable.
Je ne me souviens plus très bien, désolé. Mais alors, je n'arrive même plus à pleurer.
Mes yeux auront été désséchés par la solitude.

# Posté le jeudi 07 août 2008 05:49

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 10:43

La Loi des Autres.

 La Loi des Autres.
C'est entre nous une guerre silencieuse qui n'a jamais été déclarée.
Tenace par nature. Fais ce que tu as toujours voulu, toi seule aura toujours raison,
et mon entière bénédiction.

A ma Caro, mon cuberdon végétal.

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 05:09

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 14:16

La Loi des Autres.

 La Loi des Autres.
Quand quelque chose les dépasse, quand ils ne comprennent pas ou mieux, quand ils sentent que vous pourriez bien avoir raison, plutôt que demander des explications ou de discuter pourquoi pas, ils prennent peur et se mettent à vous haïr, confondant votre volonté sincère d'ouvrir leurs yeux à des réalités qu'ils ignorent avec de la supériorité mal placée, de l'arrogance, du mépris d'eux-mêmes et de leurs convictions.

# Posté le mardi 21 octobre 2008 14:35

Modifié le vendredi 15 mai 2009 16:53

Barbares.

 Barbares.
Nous sommes des barbares. Nos contemporains ne nous entendent pas et nous ne nous comprenons pas nous même. Nous rendons nos pensées légères pour les élever au dessus des grandes urnes grises,
soucieux d'observer les choses d'en haut, mais à quoi bon. Nous restons assis sur le béton des toits, aux côtés des pigeons. Nous nous tenons là, insatisfaits, sans savoir pourquoi, plus vicieux que des chiens affamés. Le dédain et l'envie ont marqué nos visages d'une grimace que nous garderons toujours. Le sourire des oiseaux et leurs chansons d'amour au passage nous arrachent quelques larmes lorsque nous réalisons à quel point nous ne les entendons pas. Nous ne pouvons blâmer personne de cette existence morne, personne à mordre ou à maudir, sinon nous même. Nous imaginons des êtres idiots , des supers-héros pour nous guider, mais à trop les aimer, leurs figures fondent lamentablement . Pauvres Icares entrainés trop près du feu de nos passions. Alors nous nous perdons à nouveau dans le labyrinthe de nos vices, nous restons plantés là, inutiles, à nous dire que nous n'aurions certainement pas dû naitre. Même les anges ne parviennent pas à faire mieux. Alors le sens de nos vies consiste à les cotoyer, ces emplumés . Nous nous amusons à voleter avec eux , dans l'espoir inavoué de découvrir le secret du monde , celui que seuls les poissons connaissent.
Celui que seuls les poissons connaissent.
Car enfin, barbares ou pas, nous les humains, nous ne sommes qu'une infîme particule d'un univers auquel nous n'entendons rien.

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 16:10

Modifié le dimanche 08 février 2009 15:20

Il ne boit pas, il ne fume pas, il ne blasphème pas; Charlie Brown.

Il ne boit pas, il ne fume pas, il ne blasphème pas; Charlie Brown.
Il y a Charlie Brown: naïf, têtu, toujours maladroit et donc voué à l'échec. A la recherche, jusqu'à la crise, de communication et de reconnaissance, il échoue toujours. Sa solitude devient abyssale, son complexe d'infériorité saisissant (teinté par le doute permanent que Charlie Brown n'ait pas de complexe d'infériorité mais qu'il soit vraiment inférieur). La tragédie est que Charlie Brown n'est pas inférieur. Pire: il est absolument normal. C'est pour ça qu'il est toujours à deux doigts du collapsus : parce qu'il recherche le salut selon les formules de commodité que lui propose la société dans laquelle il vit.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:37

Modifié le dimanche 08 février 2009 15:14